Vu de Lamothe depuis l'autre côté du lac, un peu en contrebas du village

Première rencontre

Publié par Louise Morel

Récit du premier déplacement à Lamothe-Fénelon, pour rencontrer les enfants, et surtout échanger avec eux autour du théâtre, et du spectacle sur lequel nous travaillons, Le Village aux mille roses.
Que ce soit eux ou nous, tout le monde semble enthousiasmé !

À la mi janvier, nous nous rendons, Naomi (l’une des comédiennes habitant notre Village aux mille roses) et moi-même, à Lamothe-Fénelon pour deux demies journées de rencontre avec les 21 enfants de l’école. Une classe de CM1-CM2, dans une toute petite bourgade. Le cadre est réellement charmant. Lorsque nous sommes dans la cour de récréation entre une partie de tirs aux buts et un « loup-bougie », nous sommes à quelques pas du parvis de l’église. La classe jouxte la mairie, et nous avons déposé nos affaires dans l’appartement de fonction inhabité qui se trouve à l’étage. Quelle chance, et quel confort, de se voir prêter ce logement pour les jours que nous viendrons passer à Lamothe jusqu’au mois de Juin. L’accueil qui nous est réservé est très chaleureux, et c’est dans d’excellentes conditions que nous entamons le travail.

Pour faire connaissance, nous commençons par jouer. C’est notre métier, autant entrer directement dans le vif du sujet !
De petites choses, pour travailler collectivement sur la mémoire, l’écoute, le regard, le partage de l’espace, l’imaginaire, tout en apprenant à nous connaître. Nous proposons un petit pas de côté aux enfants en investissant leur quotidien.
Après ces quelques amusantes bizarreries théâtrales, et une récréation bien méritée, nous revenons en classe et entrons dans le vif du sujet. Qui sommes-nous, et que faisons-nous là ? Nous ferons du théâtre. Mais le théâtre, c’est quoi ? La discussion est lancée. Nous parlons de comédie, d’émotions, de vrai, de faux, de la différence (y en a t-il une ?) entre un spectacle et du théâtre. Nous évoquons de façon passionnante cet art où, comme le dit un enfant, « on est nous sans être nous », puis grâce à quelques images emblématiques, nous parcourons les époques à travers les divers lieux de représentations. Amphithéâtres antiques, tréteaux moyenâgeux, théâtre à l’italienne, installation frontale, bi-frontale ou circulaire, théâtre immersif... Mais ce sont également des types de théâtre. Tragédie antique, comédie classique, théâtre de boulevard, théâtre contemporain... Nous tentons de brosser un portrait représentatif d’un art aussi protéiforme que le notre, dans un temps relativement court, mais face à des esprits éveillés, réactifs et curieux.
C’est de notre théâtre que nous parlons ensuite, et du Village aux mille roses, et donc plus précisément de la raison de notre présence parmi eux. Nous leur racontons le conte de Philippe Nessmann, et nous arrêtons avant la fin. L’objectif des prochaines séances sera d’écrire une nouvelle fin, tous ensemble, en réfléchissant à ce que nos choix impliquerons, à ce que nous  choisirons de raconter.
En attendant nous parlons beaucoup de cette histoire, et notamment du chef du village, qui « n’arrive pas à se mettre à la place des autres », et qui « pense aider les autres mais ça ne marche pas parce qu’il les oblige ». Nos échanges sont riches, et c’est pleines d’optimisme pour les séances à venir que nous repartons, après avoir posé la question « pensez-vous que nous pouvons vous parler de violence, sur scène, alors que le spectacle est destiné à des enfants ? » et avoir entendu que « tout a une place au théâtre ».
Après tout, ça reste pour de faux.

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