Projet de recherche - Quelques morceaux de la recherche théorique

Projet de recherche - Quelques morceaux de la recherche théorique

Publié par Pauline Bailay

Journal du projet
  • Introduction

Si s'interroger sur le futur de l'habitat et sur de possibles alternatives à nos manières d'habiter est un sujet dense et foisonnant, nous avons souhaité mener notre exploration de manière spontanée et quasi-intuitive. Loin d'être déstructurée, notre recherche ne s'est pourtant pas déroulée suivant un schéma pré-établi, mais au contraire au gré de rencontres avec des œuvres, des auteur.e.s, des écrits, des films... En progressant par ricochets, en glanant et en faisant s'entrechoquer des concepts venus d'époques et lieux éparses.

Nous avons ainsi progressé dans cette exploration autour de l'habitat en entremêlant recherches théoriques, recherches plastiques, et création avec différents mediums (écriture, dessin, maquette, installation, mash-up...) À la manière d'Aby Warburg et de son Atlas Mnémosyne, la composition de tables de références mélangeant œuvres, écrits et productions personnelles a été une de nos principales méthodes de recherche.

Pour des raisons de praticité et de compréhension, nous choisissons de présenter dans ce carnet de bord une partie de notre recherche en la décomposant en plusieurs thématiques : Recherches théoriques ; Recherches plastiques ; Une proposition. Cependant, comme nous l'avons mentionné plus haut, ces différents volets ont été menés de front et sur le long cours.

Nous commençons donc ici par présenter une partie de notre recherche théorique, ou plus précisément une partie des coulisses, à savoir, comment s'est déroulée cette recherche.

 

  • Quelques morceaux de la recherche théorique

Nous avons débuté notre recherche en suivant des pistes qui se sont parfois superposées :

Les essais Chez soi de Mona Chollet et À Demeure de Francesco Della Casa, La poétique de l'espace de Gaston Bachelard, les écrits d'Andrea Branzi dans La casa calda, les recherches de Bruno Munari sur le confort, mais aussi de multiples œuvres de fictions comme L'homme qui marche de Jirô Taniguchi, Mon oncle de Jacques Tati, Ohayô de Yasujirô Ozu, Building Stories de Chris Ware, l'exposition The air is on fire de David Lynch, les sculptures d'Erwin Wurm ou encore les gravures d'Icinori ont été autant de jalons qui ont guidés le début de notre expédition.

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Devant l'immensité des enjeux soulevés par certains écrits, dont notamment Habiter contre la métropole du Conseil Nocturne ou Surveiller et punir de Michel Foucault, il nous est apparu clairement que la thématique de l'habitat en tant que telle convoquait trop de domaines différents. Elle nous semblait presque hors de portée, tant le champ d'action était à la fois large (architecture, urbanisme, design, graphisme...) et restreint (car très spécifique). Il nous fallait trouver un angle d'attaque, un prisme à travers lequel traiter cette question du futur de l'habitat.

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Étant tou.t.e.s les deux designers de formation, nous sommes habitué.e.s à travailler à l'échelle de l'objet, ou tout du moins celle de l'espace intérieur. En particulier, la création d'atmosphères par le travail des objets, des surfaces, des couleurs, des matériaux, des textures... nous intéresse profondément. Nous étions donc enclins, consciemment comme inconsciemment, à nous diriger vers l'espace intérieur de l'habitat. D'autre part, différentes rencontres ont fait bifurquer notre recherche : les écrits lus dans L'idée de confort, une anthologie (sous la direction de Tony Côme et Juliette Pollet), Les besoins artificiels de Razmig Keucheyan mais aussi le re-visionnage du Septième continent de Michael Haneke nous ont amené à nous interroger sur le formatage de nos habitats et de notre vision de l'habitat par les objets.

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La question de la forme à donner à ce projet s'est assez vite posée. Plus nous progressions dans notre recherche, plus la dimension prospective et la place de la fiction nous semblaient importantes. La redécouverte de la No-Stop City d'Archizoom Associati et les travaux de Dunne & Raby nous ont ainsi orienté vers la fiction comme forme de médiation. L'idée de "fictions habitables" comme alternatives au présent a ainsi fait son chemin.

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