"En avril, ne te découvre pas d'un fil."

tOpO du mOis d'AvRiL

Publié par Nicolas Célestin Bregović (Boban)

Journal du projet
Danse Musique Théâtre Clown, Mime Corporel Dramatique, Dessins

Seul, au fond du trou du puits...

"Au fond du trou du puits", ainsi s'appellera le solo. Alors en avril, seul à créer, il fallait réajuster certains paramètres, disons, pour mieux supporter l'auto-pression, pour mieux gérer les hauts et les bas qui se multiplient, pour accepter de faire au mieux et faire ce que l'on peut. Et se dire quelle chance tout de même d'être subventionné en ces temps de crise.

Mes amis qui devaient venir m'épauler dès le début du mois, puis en mai et en juin, tout ça, envolé, pffffffff pschht. La solitude dans la création, c'n'est pas évident. Ce virus, quelle sale histoire! "Mais pas de panique" me suis-je dit en paniquant légèrement, "pas de panique". C'est une aubaine pour moi que de m'obliger un temps à vivre dans un trou, au fond du trou, cela devrait m'inspirer. Puis, je vis en campagne, au pied d'un ancien volcan, à l'orée d'un bois, près de champs où les vaches sont mon public du moment.

J'allais donc régulièrement improviser des scènes, des mouvements là-haut, face aux vaches. Je me filmais parfois pour mes recherches et aussi pour proposer des impros à faire aux enfants. J'y reviendrai. Début avril, je pouvais enfin me fournir en matériel chez un quincailler qui m'ouvrait ses portes et me fournir en bois dans une scierie non loin de ma demeure. Je me suis mis alors à construire de grandes structures en bois qui tiennent bien debout et s'effondrent.  J'ai ensuite chercher à assembler des éléments sans vis, sans corde, sans colle...mes recherches ne sont pas finies mais certains éléments seront de la partie pour sûr. Depuis fin avril, j'ai la laine de moutons et continue de me brosser les dents 2 fois par jour! J'ai reçu neuf toisons fraîchement tondues, grâce à Corine, une des instits de l'école, dont son frère est mon voisin fort sympathique et dont leurs parents possèdent dans les hauts un troupeau. Je vais la teindre bientôt...ce sera beau mais pas seulement. Elle prendra vie cette laine. Comme tout ce qui sera sur scène.

Je travaille sur des possibles qui feront que la scénographie, que l'espace où se passera l'aventure va se mouvoir, changer, se transformer tout comme le personnage et ses émotions.

A l'écriture ici, je m'interroge. A quel point dois-je dévoiler mes recherches ici? Faut tout de même que je garde une part de mystère pour les futur-es spectateur-trices!

ce mois dernier, j'ai fait quelques enregistrement de sons (eau, terre, cheminée, vent, pas, voix), monté certains. je continue à penser l'atmosphère sonore...j'ai aussi contacté un bio-acousticien, affaire à suivre.

Un site internet est en cours mais j'ai pas le net chez moi, que chez la voisine...Puis, pour ça, je ne suis pas doué...On pourra y voir certaines vidéos, certaines impros. Seuls certains y auront accès avec un mot de passe.

Avant de conclure cet article, un mot sur les impros proposées aux enfants et les réponses obtenues. ça frise le zéro. Seuls quelques élèves ont suivi la première impro, une élève la deuxième impro...  ça prend un temps fou à préparer, à envoyer. Pour un résultat ainsi, ça ne vaut pas le coup. M'enfin, moi qui voulais leur en proposer une chaque semaine, je leur en propose une toutes les 2 semaines, voire trois semaines. Déçu oui mais je comprends, certains ne doivent pas avoir accès au net facilement, certains sont dans des situations qui font que...pas grave. Je continue pour le ou la ou les motivés qui veulent et peuvent.

Dès le début avril, j'ai appelé la directrice pour savoir si elle était d'accord pour remettre le projet de septembre à la toussaint. La transmission avec les enfants et la création se poursuivront dès la rentrée scolaire. Une restitution aura lieu à la toussaint, avant les vacances. J'en suis bien content. Le hic, ce sont ces CM2 qui ne seront plus à l'école. Ils seront tous vivement conviés au spectacle tout de même.

 

 

 

Chutes, ça tourne

Impro.
Trois vaches pour public, le vent pour musique, la chute au pluriel.