Le journal de fin de résidence / part 2

Le journal de fin de résidence / part 2

Publié par Pauline Lecerf

Journal du projet

À l'intérieur du journal, des photos et des textes... Ce journal a été produit d'abord à l'intention des enfants et des personnes qui nous ont aidé à mener ce projet à Bar-sur-Aube mais aussi à tous les curieux qui souhaiteraient le lire.

Voilà deux, trois extraits :

  D'abord Proust, le petit clin d'oeil de la fin :  "Or les souvenirs d'amour ne font pas exception aux lois générales de la mémoire, elles-mêmes régies par les lois plus générales de l'habitude. Comme celle-ci affaiblit tout, ce qui nous rappelle le mieux un être, c'est justement ce que nous avons oublié (parce que c'était insignifiant, et que nous lui avons ainsi laissé toute sa force). C'est pourquoi la meilleure part de notre mémoire est hors de nous, dans un souffle pluvieux, dans l'odeur de renfermé d'une chambre ou dans l'odeur d'une première flambée, partout où nous retrouvons de nous-mêmes ce que notre intelligence, n'en ayant pas l'emploi, avait dédaigné, la dernière réserve du passé, la meilleure, celle qui, quand toutes nos larmes semblent taries, sait nous faire pleurer encore. Hors de nous ? En nous pour mieux dire, mais dérobées à nos propres regards, dans un oubli plus ou moins prolongé. C'est grâce à cet oubli seul que nous pouvons de temps à autre retrouver l'être que nous fûmes, nous placer vis-à-vis des choses comme cet être l'était, souffrir à nouveau, parce que nous ne sommes plus nous, mais lui, et qu'il aimait ce qui nous est maintenant indifférent. Au grand jour de la mémoire habituelle, les images du passé palissent peu à peu, s'effacent, il ne reste plus rien d'elles, nous ne le retrouverions si quelques mots n'avaient été soigneusement enfermés dans l'oubli, de même qu'on dépose à la Bibliothèque nationale un exemplaire d'un livre qui sans cela risquerait de devenir introuvable." Dans Noms de pays : le pays, À l'ombre des jeunes filles en fleurs, p.266

Ensuite, de la pêche encore :

Salut à tous ! Alors voilà, bon, j’espère que vous allez bien, moi ça va, ça va, je suis super content d’être là ! C’est ma première session de l’année, j’avais envie de partager ça avec vous, j’espère que ça vous fera plaisir aussi. Bon alors je suis parti il y a quelques minutes là, je sais que c’est par là-bas, normalement j’me suis pas trompé. C’est la première fois que je viens ici, on m’en a dit que du bien. Je suis plutôt chargé, hein. J’ai pris pas mal de matériel, là. Ça vaut le coup, ça va être super intéressant, je pense. Ouais, Je le sens bien. On est pas loin, j’ai déjà fait un bon bout de chemin maintenant… Donc je suis là pour huit ou neuf nuits, ça fait beaucoup mais je le sens vraiment bien. Ah on se rapproche, je crois qu’on se rapproche… C’est pas mal, c’est joli en plus le coin. J’espère que je me trompe pas de chemin. C’est pas très large, j’ai du mal à passer parfois, j’ai l’impression que ça fait un bail que personne n’est venu. C’est peut-être qu’une impression, on verra bien une fois arrivé. J’avance dans cette direction, toujours, hein…

Ensuite, de la pêche encore :
texte du journal 2

Eh bah c’est pas clair, on sait même pas de quel mot tu parles !

Pour ce moment là, j’ai préféré m’isoler pour l’enregistrement, nous comprendrez assez vite pourquoi... Ouh la, où on va là ? On rallume les lumières... Puis on les éteint à nouveau. Eh bah c’est pas clair, on sait même pas de quel mot tu parles, et en plus, on ne va pas mettre ça à la radio ! Attends, je m’entraine. Est-ce qu’on peut l’écrire et ensuite, on répète ? Vous allez recommencer et le faire chacune votre tour, d’accord ? J’ai rien entendu. Oui ? Ah, c’est bon je m’entends. Oui. Ah, c’est fort ! ! Qu’est-ce qu’on fait ? Je sais pas.  

Eh bah c’est pas clair, on sait même pas de quel mot tu parles !

Enfin, une des notes de Pauline et Julie :

Compte tenu de la situation sanitaire, l’accueil des Ateliers Médicis est fermé. +