Ginette et l'aveugle

Le début du jeu

Publié par Louise Morel

Après avoir avancé le travail scénographique, il nous fallait entamer le travail de répétitions au plateau. À Toulouse, au mois de février, nous avons commencé  par trois demies-journées d'improvisations, de recherches, et de début d'écriture de la pièce. Puis nous avons enchaîné deux semaines entre mars et avril, la première autour de l'expérimentation lumière, à Pinsaguel, et la seconde entièrement focalisée sur le jeu, à Sentein en Ariège. 

Pour pouvoir réunir les comédiens pour le début du travail, j'ai cherché un lieu là où la grande majorité habite, à Toulouse.

C'est ainsi que je me suis adressée à l'espace Allegria pour obtenir trois grosses demies-journées de travail.

N'ayant pas la possibilité d'installer le décor dans leurs salles, nous nous sommes concentrés sur le jeu. Une première étape de travail avait été montée l'année précédente, mais le temps étant passé, le projet ayant évolué et certains comédiens ayant changé, nous étions également contraints de repartir un peu en arrière. Non sans être nourris, toutefois, du travail passé. 

Nous nous sommes lancés dans des improvisations ayant pour but de trouver les personnages peuplant le village aux mille roses, et d'écrire la première journée au village, qui permet d'installer l'ambiance et de les présenter. C'est la séquence de la situation initiale, dans la narration.

À la fin de ces trois séances, nous avions des personnages définis pour chaque comédien, une structure écrite de la première séquence avec un déroulement clair des actions, ainsi qu'un positionnement sur le type de jeu souhaité pour ces villageois. 

Leur contrainte principale est qu'ils ne parlent pas avec des mots. Mais si la parole ne leur est pas attribuée, ils s'expriment tout de même, par sons et onomatopées, et sont physiquement très expressifs. Ils sont des types, des personnages de conte immédiatement reconnaissables. À la limite de la caricature, tout l'enjeu du travail d'acteur était justement de ne pas y tomber. Ces personnages ont une part de grotesque mais sont tous très sincères.

Quelques jours à Pinsaguel

Comme évoqué dans l'article consacré au travail scénographique, lorsque nous avons enfin pu monter notre structure, fin mars, nous nous sommes de suite attelés à des expérimentations de lumière.

Faisant des essais sur les couleurs, les angles et les distances de projection de la lumière, la nature des sources, ou encore les différents jeux possibles du corps ou des objets, nous avons découvert beaucoup d'images et donc de techniques que nous avons souhaité réutiliser par la suite. Nous avons également pu travailler quelques courtes séquences en ombres, afin de définir clairement comment elles seraient éclairées, et de commencer à les jouer plus précisément.

Résidence à la Salamandre

Au début du mois d'avril, nous avons pu nous rendre à Sentein en Ariège pour 6 jours de résidence dans un lieu d'accueil d'artistes pas encore inauguré à ce moment là. La Salamandre, en les personnes de Caroline Manas et François Cornet, nous a malgré tout ouvert ses portes de façon chaleureuse et conviviale et nous nous sommes installés au pieds des Pyrénées pour travailler calmement et efficacement.

Une vaste salle de travail en cours de rénovation nous a permis de mettre confortablement en place notre décor et de pouvoir y travailler durant la semaine. C'est dans ces agréables conditions que nous sommes repartis au début de la pièce, pour progresser très efficacement dans la création du spectacle.

Reprenant la première séquence mise en place en février, nous l'avons retravaillée pour poursuivre chronologiquement la narration avec les personnages que nous avions à présent bien trouvés. Qu'ils soient en ombre ou en avant-scène, il fallait prendre garde à ce qu'ils restent toujours très caractérisés pour qu'ils restent facilement reconnaissables.

Nous nous sommes donc également arrêtés sur la précision des ombres, la projection qui apparaît pour le spectateur étant très épurée, le moindre mouvement de travers, le moindre doute se perçoit. Le travail des ombres se doit donc d'être très rigoureux.

Nous avons avancé rapidement dans la narration durant 4 jours, au bout desquels nous sommes arrivés au moment de l'histoire dont nous n'avions qu'un squelette, écrit avec les enfants. À partir de là, avancer au plateau s'est montré plus compliqué. Il m'a fallu un temps d'écriture seule, sans le reste de l'équipe, qui de son côté a entamé le bricolage de silhouettes en carton telles que l'arbre du village, des rosiers, ou l'interdiction de la régente. 

Cette semaine a été très constructive et a permis de bâtir une base solide pour la suite du travail.

Répétition ouverte

Le vendredi, en fin d’après-midi, nous avons profité de la proximité du claé pour proposer aux enfants qui y étaient de venir voir notre répétition. Nous avons donc fait un filage de là où nous en étions et auquel ils ont été très attentifs. Par la suite, nous leur avons montré un peu comment nous faisions des ombres, et l’après-midi s’est conclue autour d’un verre offert par La Salamandre. À l’occasion de cette rencontre, François Cornet, photographe, nous a proposé de prendre des photos de notre travail, et nous avons accepté avec joie. Voici quelques unes des magnifiques images qu’il a prises ce jour là :

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