Maxence et le "Tourne-tourne à roulettes"

File sur la route

Publié par Simon Riedler

Architecture Installation Sociologie Scénographie urbaine

Sculptures-bobines mobiles, la Trotta-bobina et le Tourne-tourne à roulettes nous permettent de proposer à leurs créatrices et créateurs de rouler dans la rue, d’y dérouler un fil de chez eux vers leur village, de matérialiser le lien entre le projet et l’espace public.

Elinor nous glisse alors de venir voir son père à la sortie pour arranger la chose. Jérôme Laureau, peintre et musicien punk, nous invite chez lui à Lantilly (10 km de Pouillenay) le lendemain. La « Trotta-bobina » dans le coffre avec sa bobine pleine, nous y allons. Entrons dans sa maison-cabane-atelier.

Le contraste entre un intérieur personnel et chaleureux et un espace public vide et froid est saisissant. Il se retrouve à Pouillenay même, où les sculptures-bobines des élèves sont sorties et installées sur la place du Macarena, hôtel-restaurant au centre du village. Leurs bobines sont pleines de fil. Nous installons également les pancartes explicatives à l’aide de fil. Un café et un chocolat chaud nous permettent d’annoncer l’exposition au personnel de l’établissement qui, surpris, nous assure qu’il passera le message. Une grande famille sort de table. En costume, uniforme du clergé ou militaire, les adultes sont intrigués par les oeuvres des élèves. Leurs nombreux enfants s'approchent et la discussion s'engage. Dans l'espace public quelques jours avant son deuxième confinement, l'étrange exposition détonne et pose question.

Le matin, Maxence (ancien CM2 participant au projet l’année passée) nous avait aidé à démonter le réseau en fil du terrain de sport qu’il avait grandement participé à créer la veille. Il revient en fin de journée et commence une performance avec le « Tourne-tourne à roulettes ». Son but : l’arrêt de bus d’où il va chaque matin au collège.

A le voir et à entendre le roulis bruyant de son passage, nous pensons à Francis Alÿs traînant son chien-aimant à Mexico (The collector). Le sol défile au fil de la bobine qui se déroule, une ou deux voitures passent autour du rond-point autour duquel tourne le tourne-tourne à roulettes. Maxence rencontre Salomé et Charlie (CM2). Il leur laisse la laisse. Il replonge dans sa joie de la veille sur le terrain de sport comme dans un rêve. La nuit tombe, les cloches de l’église sonnent, l’heure du départ a sonné. Le « Tourne-tourne » à roulettes s’immisce dans notre coffre et file avec nous sur la route.

Nous emportons le Tourne-tourne à roulettes dans l'idée de le faire rouler sur d'autres sols dans d'autres territoires complétant l'expérimentation de Pouillenay, avec d'autres acteurs dialoguant avec les élèves de Pouillenay. Ses deux bobines sont pleines de la ficelle bleue qui s'agrège aux fils parisiens et latino-américains dans notre Valise à fils, vers de futures expérimentations. Sur le retour, nous passons par la ferme de M. Moreau pour lui restituer la ficelle bleue restante. Il enroulera avec ses prochaines mottes de foin.

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